Réforme LPP 21 : ce qu’il faut retenir
La réforme de la prévoyance professionnelle (« réforme LPP » / « LPP 21 ») a été rejetée par le peuple suisse le 22 septembre 2024, par environ 67 % des voix. Les règles actuelles restent en vigueur.
Adoptée par le Parlement puis combattue par référendum, la réforme LPP 21 a fait l’objet d’un vote populaire. Son rejet net marque une étape importante dans le débat sur l’avenir du 2e pilier suisse.
Pourquoi une réforme ?
Le 2e pilier est confronté à plusieurs défis : l’allongement de l’espérance de vie (les capitaux doivent financer des rentes plus longtemps), des rendements des marchés moins prévisibles, et une couverture jugée insuffisante pour les bas revenus et le travail à temps partiel — qui concerne surtout les femmes. La réforme entendait répondre à ces enjeux tout en stabilisant le financement.
Ce que prévoyait le projet rejeté
- Taux de conversion : abaissement du minimum de 6,8 % à 6,0 % pour la part obligatoire, afin de refléter l’espérance de vie.
- Seuil d’accès : abaissement pour assurer davantage de personnes à bas revenu et à temps partiel.
- Déduction de coordination : passage d’un montant fixe à une déduction proportionnelle (assurance de 80 % du salaire), améliorant la couverture des petits salaires.
- Bonifications de vieillesse : simplification à deux taux au lieu de quatre, pour réduire le coût d’emploi des travailleurs âgés.
- Génération transitoire : supplément de rente pour amortir la baisse du taux de conversion.
Les arguments en présence
Partisans (oui)
Meilleure protection des temps partiels et bas revenus, financement plus durable, compensation pour la génération transitoire.
Opposants (non)
Baisse des rentes pour une partie des assurés malgré des cotisations parfois plus élevées ; mécanisme de compensation jugé complexe et coûteux.
Le résultat du 22 septembre 2024
La réforme a été rejetée à environ 67 %, un résultat clair et largement réparti dans les cantons. Ce rejet s’inscrit dans une série d’échecs des tentatives de réforme du 2e pilier ces dernières années.
Quelles conséquences en 2026 ?
À la suite du rejet, les règles en vigueur sont maintenues : taux de conversion minimal à 6,8 %, déduction de coordination fixe (CHF 26 460) et bonifications par tranches d’âge. Aucune des mesures du projet n’entre en application. Les défis de fond (vieillesse, temps partiel) demeurent, et de nouvelles propositions pourraient émerger à moyen terme.
Voir aussi : Comprendre la LPP et Chiffres clés.