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Comprendre la LPP : le 2e pilier expliqué simplement

La prévoyance professionnelle (LPP) constitue le 2e pilier du système suisse de prévoyance. Associée à l’AVS/AI (1er pilier), elle a pour but de permettre aux assurés de maintenir leur niveau de vie habituel après la retraite, et de protéger leurs proches en cas d’invalidité ou de décès. Cette page explique en détail son fonctionnement, qui est concerné, comment se constitue votre épargne et quelles prestations vous pouvez en attendre.

Le système des trois piliers

La prévoyance suisse repose sur trois piliers complémentaires. L’objectif combiné des 1er et 2e piliers est d’assurer un revenu de retraite correspondant à environ 60 % du dernier salaire. Le 1er pilier fonctionne par répartition (les cotisations des actifs financent les rentes des retraités), tandis que le 2e pilier fonctionne par capitalisation : chacun épargne pour sa propre retraite.

1er pilier — AVS/AI

Assurance étatique obligatoire couvrant les besoins vitaux. Financée par répartition.

2e pilier — LPP

Prévoyance professionnelle liée à l’emploi. Financée par capitalisation individuelle.

3e pilier

Épargne privée facultative (3a liée, 3b libre), encouragée fiscalement.

Qui est assuré à la LPP ?

Sont soumis à l’assurance obligatoire les salariés qui perçoivent d’un même employeur un salaire annuel d’au moins CHF 22 680 (seuil d’entrée 2026) et qui sont déjà assurés à l’AVS. La couverture des risques de décès et d’invalidité débute à 18 ans ; l’épargne-vieillesse commence à 25 ans.

Cas particuliers

Le salaire assuré (salaire coordonné)

La LPP n’assure pas la totalité du salaire. On déduit d’abord la déduction de coordination (CHF 26 460 en 2026), car cette part est déjà couverte par l’AVS. Le solde, le salaire coordonné, est plafonné dans le régime obligatoire (maximum CHF 64 260, minimum CHF 3 780). Exemple : pour un salaire annuel de CHF 70 000, le salaire coordonné s’élève à CHF 43 540.

Comment se constitue votre épargne

Chaque mois, l’employé et l’employeur versent des cotisations ; l’employeur en finance au moins la moitié. Ces bonifications de vieillesse, exprimées en pourcentage du salaire coordonné, augmentent avec l’âge :

ÂgeTaux
25–34 ans7 %
35–44 ans10 %
45–54 ans15 %
55 ans–retraite18 %

Le capital ainsi accumulé, l’avoir de vieillesse, est rémunéré au minimum au taux d’intérêt minimal LPP de 1,25 % (2026). Grâce aux intérêts composés, ce rendement joue un rôle important sur la durée d’une carrière.

Les prestations de vieillesse : rente ou capital

À la retraite, l’avoir de vieillesse est transformé en rente annuelle via le taux de conversion minimal de 6,8 % (part obligatoire) — soit CHF 6 800 de rente par an pour CHF 100 000 d’avoir. Selon le règlement de la caisse, vous pouvez aussi percevoir tout ou partie sous forme de capital. La rente offre un revenu garanti à vie (imposé comme un revenu) ; le capital offre de la flexibilité (imposé une seule fois, à taux réduit). Il est souvent possible d’anticiper ou d’ajourner le départ.

Invalidité et décès

En cas d’invalidité, le 2e pilier verse une rente d’invalidité (et des rentes pour enfants). En cas de décès, il prévoit des rentes de conjoint ou de partenaire enregistré et des rentes d’orphelin, selon les conditions du règlement. Ces prestations complètent celles de l’AI et de l’AVS.

Changement d’emploi : le libre passage

Lorsque vous changez d’employeur, votre avoir est intégralement transféré à la nouvelle caisse (prestation de libre passage). En cas d’interruption d’activité (études, départ à l’étranger, indépendance), il est placé sur un compte ou une police de libre passage jusqu’à la reprise d’une activité.

Utiliser son 2e pilier autrement

Sous conditions, votre avoir peut servir à devenir propriétaire de votre résidence principale (encouragement à la propriété, retrait minimal de CHF 20 000, possible tous les 5 ans, plus limité après 50 ans). Vous pouvez aussi améliorer votre prévoyance par des rachats volontaires, déductibles du revenu imposable, en respectant la règle des 3 ans (pas de retrait en capital dans les 3 ans suivant un rachat).

Régime obligatoire et surobligatoire

La loi fixe des minimums (part « obligatoire »). De nombreuses caisses offrent davantage (part « surobligatoire »), avec leurs propres taux d’intérêt et de conversion. Votre situation réelle figure sur votre certificat de prévoyance annuel, qui indique votre avoir, le salaire assuré et les prestations projetées.

Bon réflexe : conservez et lisez chaque année votre certificat de prévoyance. C’est le document de référence pour connaître votre situation exacte.